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Que sont ces enfants devenus? | |
![]() Trois années après cette enquête, nous avons voulu savoir quelle était la situation scolaire des enfants que nous avions observés. Les contacts pris avec les écoles ne nous ont pas permis d'obtenir ces renseignements pour tous les enfants concernés car, dans chacune de ces écoles, beaucoup de familles (autour de 40%) avaient déménagé. Notre évaluation s'est donc portée sur les enfants qui étaient encore dans le secteur. Elle n'a bien entendu aucune prétention à une quelconque représentativité statistique, mais, sur un plan qualitatif, elle permet de souligner certaines pistes de réflexion. Les marqueurs utilisés sont l'orientation proposée à l'élève en fin d'école maternelle puis le niveau de lecture atteint par l'élève dans sa première classe d'école élémentaire. Nous nous sommes cantonnée à l'évaluation du niveau de lecture car, dans cette classe, cet apprentissage est fondamental et conditionne assez souvent la réussite scolaire ultérieure. Afin de conserver une certaine cohérence entre les cinq écoles, nous avons demandé aux maîtres de respecter le même code d'évaluation: A: l'enfant est un bon lecteur B: l'enfant est un lecteur moyen C: ses compétences en lecture sont insuffisantes D: l'enfant n'a pas appris à lire L'analyse confirme l'importance du milieu social d'origine dans la réussite ou l'échec des élèves; en effet, le nombre de lecteurs "bons ou moyens" diminue proportionnellement lorsque l'on passe des écoles "hors ZEP" aux écoles en ZEP, alors que, parallèlement le nombre des échecs augmente. Néanmoins, il est peut-être possible de faire des tableaux obtenus une analyse plus fine et beaucoup moins déterministe. Si nous nous demandons qui sont les cinq enfants qui ont bénéficié d'un passage anticipé ou qui sont sur le point d'en bénéficier, nous retrouvons, sans surprise, certains milieux sociaux (estimés par la profession du père): deux professeurs, deux ingénieurs, un régisseur de théâtre. Aucune surprise non plus si nous cherchons à savoir quel est le milieu social des onze enfants en échec (maintenus en maternelle ou n'ayant pas appris à lire): deux titulaires d'un contrat précaire d'emploi solidarité (CES), un RMIste, huit pères sans profession dont certains non francophones. Si nous nous intéressons maintenant aux enfants dont le niveau en lecture est moyen ou bon, nous constatons alors un brassage social bien réel. Si les professions moyennes ou supérieures (professions libérales, cadres de la fonction publique, cadres du privé, enseignants...) sont effectivement présentes, les milieux populaires ou défavorisés sont également représentés. L'examen du milieu social de chacun des enfants considérés par leur enseignant comme de bons lecteurs, nous permet de trouver des métiers tels que vendeur, commerçant, magasinier, agent d'entretien, mécanicien, agent SNCF, électricien, serrurier, intérimaire, ouvrier agricole, mais aussi plusieurs pères sans profession. L'échec n'est donc pas une fatalité. commentaire: Au vu de ces quelques résultats, nous pouvons peut-être émettre certaines hypothèses. Il semble que les enfants de milieux favorisés puissent réussir scolairement quel que soit le style de classe fréquenté. Ils ne paraissent pas pénalisés lorsqu'ils se trouvent dans une classe moins en rapport avec leur milieu social familial. Pour certains enfants de milieux très défavorisés, il semble que les moyens supplémentaires accordés aux écoles en ZEP ne puissent suffire pour inverser la spirale de l'échec. On peut néanmoins se demander s'il serait bien raisonnable de faire porter le poids de cet échec sur la seule école. Les parents de certains de ces enfants nous ont accordé un entretien et leur discours indique que leurs conditions de vie, et par suite celles de leurs enfants, sont extrêmement difficiles. Des emplois moins précaires pour les parents permettraient probablement à ces enfants de s'investir davantage en tant qu'élèves. Or l'école n'a pas vocation à contribuer au traitement social du chômage. Enfin, pour la majorité des enfants, et en particulier pour ceux qui sont issus des milieux populaires, c'est dans les écoles socialement mixtes (voire favorisées) que le nombre d'enfants qui réussissent scolairement est le plus élevé. Ces quelques résultats incitent à repenser le rôle des ZEP; si leur création semblait une idée généreuse, la réalité fait que le regroupement d'enfants de milieux populaires ou défavorisés parait moins favorable à la bonne réussite scolaire des élèves que les écoles mixtes sur le plan social. Pour aider à la réussite de tous, il parait urgent de lutter contre la ghettoïsation de certains quartiers. | |

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La socialisation de l'enfant en petite section d'école maternelle contribution à l'analyse sociologique de la petite enfance scolarisée au début des années 2000 |